Posted: 26 May 2008

NEW VIDEO!!! Payz Play - Il était deux fois

(article pris du Nightlife Magazine)

Payz Play

«Ça fait neuf piastres de Sprite que je bois, là. Ça va faire!» Cette exclamation de R.U. caractérise bien la joie de vivre générale des premières journées de chaleur que nous avons connues à la mi-avril, moment de ma rencontre avec Payz Play.

Réunis sur la terrasse du Saint-Sulpice, Égypto, R.U., DJ Naes, DJ Ephiks et ToastDawg, les quatre membres (trouvez l’erreur) de ce nouveau groupe issu des cendres du légendaire collectif Atach Tatuq en avaient long à dire sur leur évolution musicale, sur leur passé, et surtout sur leur futur.

La première écoute de leur album éponyme (en magasin le 27 mai) est pour le moins déstabilisante. Habitués que nous sommes à une sonorité plus «true-school» de la part de ces vétérans de la scène hip-hop montréalaise, l’approche électroïde de la majorité des pièces confirme la volonté de changement. Mais Payz Play tenterait-il de surfer sur la vague d’un courant bien en vogue? «Dès que tu fais quelque chose en marge du rap “classique”, tu peux facilement te faire étiqueter comme rap-électro. Nous autres, on s’est donné le mandat de pas se confiner à un moule pis de faire les choses comme on avait envie», me répond R.U. «On essaye une nouvelle sonorité liée à tout ce qu’on a écouté ces deux dernières années. Un son plus club, plus party», enchaîne Égypto.

Et c’est lorsque qu’on réécoute le disque encore plus attentivement qu’on en découvre toutes les subtilités qui en font plus qu’un simple CD de rap-électro. ToastDawg commente: «La façon dont on travaille pour le beat, c’est encore à partir des samples. Comme j’ai toujours fait. Sauf qu’au lieu de sampler du jazz-soul des années 70, je sample plus des choses des années 80.» R.U. poursuit: «On est partis des maquettes de ToastDawg, puis on a complété avec pas mal d’arrangements. On avait trois musiciens: deux claviéristes, qui jouaient des keys très vintage, et Seb Ruban (réalisateur de l’album Deluxxx d’Atach Tatuq et guitariste avec DJ Champion) à la console.»

AUTO-REVERSE
Justement, par rapport à Deluxxx et à Atach Tatuq, ressentent-ils une brisure dans le style musical? «On était beaucoup, dans Atach Tatuq. On était douze. C’est certain que Payz Play ne ressemble pas à ce que les autres faisaient, ou ont fait post-Atach Tatuq. Mais oui, ça ressemble à nos propres tounes au sein d’AT. Je ne pense pas que j’ai réinventé mon style. Au contraire, j’ai vraiment un sentiment d’appartenance à Payz Play. [...] C’est la même technique de travail à la base. Et c’est le même rap. Écoute Chambre à Gaz Feng-Shui, sur Deluxxx. On dirait que c’est la première toune de Payz Play», me confie R.U.

Si Chambre à Gaz Feng-Shui est la première chanson non officielle de Payz Play, l’«officielle», ou du moins «publiquement officielle», est probablement McFly, en collaboration avec Omnikrom, une pièce testée à plusieurs reprises lors des concerts du trio trop banane. Puis est apparu sur les Internets le morceau Il était 2 fois, la composition la plus électro du nouvel album, paradoxalement basée sur le sample le plus âgé du record, datant de la fin des années 60. L’album comporte aussi des pièces en collaboration avec Carole Facal (Dobacaracol) et DB (Division Blindée), un groupe mythique de l’underground montréalais.

Et l’origine du nom Payz Play, c’est quoi? «On voulait de quoi de super simple: deux-trois syllabes, concis, qui claque», explique Égypto, avant que n’enchaîne R.U.: «On est contents avec ce nom-là parce que ça peut représenter n’importe quel style de musique. D’un autre côté, c’est une proposition et un ordre en même temps. Payz Play, tu verras ben.»


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